
L'île de la nuit
Ca
fait une dizaine de jours que c’est ainsi.
Le
matin, quand je sors de chez moi, que j’arrive à l’arrêt, il n’y a pas
de rame.
C’est
le créneau de la grève des trams.
Je
dois marcher jusqu’au centre-ville où je prendrai le bus qui m’emportera
jusqu’à mon travail.
Je
me fiche de la perspective des quelques minutes de retard, le présent prime :
j’adore marcher.
D’autant
plus que pour sortir de mon île, je dois traverser un grand pont.
Il
fait alors encore nuit quand je l’emprunte, les mouettes virevoltent à ma
hauteur.
L’obscurité
du ciel se reflète dans la Loire houleuse, tout comme les lumières
artificielles de la ville qui l’orangent étrangement.
Et
la brise océane finit de me réveiller complètement.
Alors
que j’arrive à mon arrêt de bus, l’obscurité s’est tout à coup évaporée,
l’éclairage public s’est tu pour laisser s’épanouir le doux petit jour.
Et
ce matin, les mouettes silencieuses, curieuses, m’ont suivie jusqu’ici.
J’habite
l’Ile de la Nuit.
Lamalie,
février
2002.
Retour
![]()